Planning Familial du Lapin

  • Maturité sexuelle


L’âge de la maturité sexuelle diffère peu entre le mâle et la femelle ;

  • mâle 180 à 210 jours
  • femelle 150 à 240 jours

Donc une moyenne de 3 à 4 mois pour les lapins nains, en sachant que la moyenne augmente en fonction de la taille du lapin, pour un lapin géant cela peut être une moyenne de 10 mois.

Mise en reproduction

Cependant, il ne faut pas les faire reproduire si tôt, pour ma part 8 mois semble l'âge idéal pour débuter une première saillie pour une femelle, pour éviter ainsi tout les problèmes de malformation car avant 8mois, elle est encore en développement physique. Et l'âge idéal pour un mâle est de 6mois.

Si vous possédez un couple, il faut absolument anticiper la maturité sexuelle, dans le but de ne pas avoir de saillie trop précoce. Il est donc préférable de séparer les 2 lapins, de connaître l'exactitude de leur âge et d'attendre le moment idéal pour la saillie.

Fertilité

La fertilité du mâle commence à diminuer vers l’âge de 4 ans.
Il est préférable que la femelle ne soit pas non plus trop vieille, c’est à dire qu’elle ait moins de 5 ans, en tout cas pour sa première portée. Elle ne doit pas non plus être trop grasse. Toujours pour sa santé, il faut se limiter à 2 portées par an.

Attention : Il n’y a pas de ménopause chez les lapines. Il y a éventuellement une simple baisse de sa fertilité.


  • Cycle sexuel


Normalement, c’est la vie de l’ovule (cellule reproductrice femelle) qui gère ce que nous appelons le cycle ovarien : il naît, grandit, mûrît, quitte l’ovaire pour aller vers l’utérus puis meurt ou est fécondé.
Parallèlement, la femelle ne s’intéresse pas au mâle. Par la suite, elle l’attire mais refuse encore l’accouplement. Puis finalement, elle accepte la saillie au moment où l’ovule est bien mûr et où il y a donc l’ovulation.

  • Cycle comportemental : Chez la lapine, la différence tient au fait que l’ovulation ne se fait pas d’elle même mais nécessite une stimulation : il doit y avoir saillie pour que la femelle ovule. On ne parle plus alors de cycle ovarien mais de cycle comportemental.
  • Periode de receptivité : A contrario, cela ne veut pas dire non plus que la femelle reste “en chaleurs” (acceptant le mâle) tant qu’elle n’a pas été couverte. La période où la femelle accepte le mâle est appelée période de réceptivité. Il y en a plusieurs tout au long de l’année. En théorie, vous trouverez toujours quelques jours dans le mois durant lesquels vous pourrez présentez un lapin à sa dulcinée.  Cependant vous aurez plus de chances entre janvier et juillet, période où les jours rallongent. Les périodes de réceptivité durent 4 à 6 jours et sont espacées de 10 à 15 jours. Cette période de repos augmente les jours courts (donc d’août à décembre) et peut dépasser le mois.



  • Saillie


Le moment

Il faudra tout d’abord déterminer à quel moment la femelle est “réceptive”. Physiquement, la seule modification se situe au niveau de la vulve. Cette dernière est gonflée et de coloration plus foncée que d’habitude, quasiment rouge. 

Attention : Contrairement à la chienne par exemple, la lapine ne fait à aucun moment de goutte de sang. Si tel est le cas, il faut rapidement l’amener chez un vétérinaire.

Son comportement change également. Elle est beaucoup plus agitée et des caresses sur le bas du dos l’incitent à relever la queue et les fesses, comme quand elle montre au mâle qu’elle est d’accord.


Le lieu

C’est la femelle qui doit être amenée au mâleSi vous faites l’inverse, le mâle passera plus de temps à marquer son nouveau territoire avant de s’occuper de sa promise et la femelle lui fera un accueil plus que glacial et hostile.

Vous pouvez les mettre dans la cage ou, si le mâle à l’habitude de sortir dans une pièce, dans celle ci où ils auront plus de place pour faire connaissance. Le principal c’est que le mâle se trouve dans un endroit bien connu et par conséquence déjà marqué de son odeur.


Le déroulement

Les deux lapins se livrent d’abord à une mini course poursuite, en décrivant des cercles. C’est le plus souvent le mâle qui tourne autour d’elle. Il peut s’arrêter un bref instant en lui montrant ses fesses. Il relève alors la queue et produit des phéromones pour bien lui dire que c’est le moment. Il peut même lui uriner dessus...
La femelle tourne brièvement et se met dans la position de l’acceptation, la croupe et la queue relevées.
Il se peut également que vous assistiez à de brefs moments de tendresse où chacun lèche le museau de l’autre, en se serrant très fort...
Mais le romantisme ne dure pas et la saillie intervient rapidement. Cela ne dure que quelques secondes mais c’est amplement suffisant. L’ovulation étant provoquée par la saillie, la première fois est la bonne. Il n’est pas nécessaire de renouveler l’opération plusieurs jours de suite. Chacun peut rentrer chez soi.

Attention : Une lapine qui attend des petits acceptent le mâle jusqu’à la deuxième moitié de sa gestation.


Le problème

Si la femelle n’est pas encore en période de réceptivité, elle va vite le faire comprendre au mâle. Elle va au mieux l’ignorer, au pire le mordre s’il se montre trop insistant. Vous avez mal choisi votre moment.


  • Gestation


Le déroulement

Il ne se passe pas grand chose pendant cette période qui dure de 30 à 32 jours. La femelle prend du poids, mange plus mais n’a pas d’activité particulière pendant les deux premiers tiers de la gestation.
Le comportement change radicalement 10 jours avant la mise bas. Elle se met à chercher l’endroit où elle va faire son nid. C’est une période de grande excitation, de grand déménagement et souvent d’oubli de se nourrir tellement elle est occupée. Une fois qu’elle l’aura trouvé, elle va creuser profondément, y enfouir du foin et un à deux jours avant la mise bas, s’arracher les poils du ventre afin de le rendre chaud et moelleux (ce qui a aussi pour avantage de dégager les mamelles pour les petits).


Les préparatifs

La lapine de compagnie choisi le plus souvent sa maison pour y faire son nid. Je vous conseille de faire en sorte que celle-ci ait un toit amovible, de manière à pouvoir le soulever régulièrement afin de contrôler la femelle et sa portée sans avoir à les toucher.
La litière de la cage ne doit pas être changer les jours précédant et suivant la mise bas. A vous de prévoir à ne pas trop la déranger ces fameux dix derniers jours avant la naissance.
La cage doit être grande et la maison spacieuse (deux fois la taille de la femelle de préférence). Il ne faut pas oublier que cette dernière va accueillir des nouveaux nés qui vont grandir pendant plusieurs semaines sans en sortir. La maman doit aussi pouvoir se reposer loin d’eux et au calme.

Attention : Si vous avez le couple, il faut les séparer dès la saillie effectuée car le mâle peut continuer à la monter et de ce fait, considérablement la fatiguer et la rendre nerveuse. Une femelle trop oppressée pendant la gestation est capable de manger sa portée tout entière dès la naissance.


La pseudogestation

La saillie a bien eu lieu, par conséquent la femelle a ovulé, mais voilà, le mâle est peu fertile voire même stérile. Pendant une période qui reste quand même plus courte que la gestation, environ une vingtaine de jours, la femelle va croire qu’elle attend des petits. Elle va faire ce que l’on appelle plus communément une “grossesse nerveuse”. Elle va s’arracher les poils du ventre et va materner tout ce qui lui passe sous la main (mouchoir, tissus, peluches... ).
Pour qu’elle reprenne une vie normale, il va vous falloir détruire tous les nids qu’elle construira, et l’empêcher de "cocouner" tout ce qui lui passera par les pattes. Ne lui caressez pas non plus le ventre même si elle vous le présente. C’est certes un peu cruel mais c’est un mal nécessaire.

  • Mise bas


Le déroulement

Elle a souvent lieu au petit matin et ne dure que quelques heures. Chaque petit met une dizaine de minutes à sortir, sous l’effet d’une unique contraction de la mère (qui est en position tout comme pour faire ses besoins). Elle le tire, coupe le cordon et mange le placenta qui suit immédiatement le petit. Elle le lèche pour le stimuler et commence à le faire téter. Ensuite elle le couvre de poils et de paille. Plusieurs dizaines de minutes peuvent s’écouler avant que le deuxième n’arrive.
Il ne faut pas cherchez à y assister. Quand la date approche, regardez juste au matin si elle les a fait ou non.

Les lapereaux naissent sans poils, les yeux fermés, d'une couleur rose, noir/bleu, c’est une espèce nidicole. Il y en a environ 2 à 4 par portées (pour les races naines), donc assez régulièrement 1 mort né. Pour d'autres races, cela peut aller de 8 à 12 lapereaux, il est donc important d'enlever 3 à 4 lapereaux qui seront donnés à une autre mère ayant fait moins de petits. Si cela n'est pas possible, la mère risque elle même de retirer les plus fragiles.
Une fois que la portée est au complet et la première tétée terminée, la femelle “referme” le nid avec du foin et des poils supplémentaires.

L’alerte

La femelle est en position mais rien ne sort depuis longtemps et elle pousse même des petits cris plaintifs. Un petit est certainement coincé dans le bassin parce qu’il est trop gros où se présente mal.

Il faut l’amener d’urgence chez un vétérinaire qui prendra la décision ou non selon le cas de pratiquer une césarienne.
C’est heureusement relativement rare dans cette espèce. C’est plus fréquent chez le cobaye ou le chinchilla.

En aucun cas la gestation ne doit dépasser les 32 jours. Si c’est le cas et que la lapine ne montre aucun signe d’une mise bas, il faut la faire examiner par votre vétérinaire.


  • Allaitement


Le déroulement

La lapine ne reste pas 24h/24 dans le nid. Elle a de longues périodes de repos où elle mange, boit et dort. Elle n’y va qu’une à deux fois par jours. Dans la nature, ce genre de comportement évite d'attirer les prédateurs au nid, en faisant des passages trop fréquent.
Par le toit de la maison, vous pouvez contrôler la vivacité et le gain de poids des petits. Évitez cependant de le faire pendant que la femelle s’y trouve. En aucun cas vous ne devez les toucher, sauf pour retirer un petit décédé ou très mal en point ou remettre un petit qui se serait accroché à la mamelle de sa mère et sorti du nid.


Le cannibalisme

Il n’est malheureusement pas rare dans cette espèce et affecte majoritairement la première portée. Les différentes causes sont :

  • une mère trop jeune,
  • une cage mal adaptée, trop petite et sans maison,
  • une litière trop sale (dont on n’a pas anticipé le changement avant la mise bas),
  • un manque d’eau ou de nourriture.

Cela peut être également dû au stress de la mère lapine :

  • Problèmes de hiérarchies, la lapine tue ses petits pour éviter qu'une autre lapine ne le fasse
  • Que vous ayez touché les petits trop précocement
  • Trop de passages proche du nid


L’évolution

  • 5 jours : apparition du duvet
  • 10 jours : ouverture des yeux
  • 15 jours : première sortie du nid18 à 21 jours : début d'une alimentation solide
  • 28 à 35jours : Fin de l'allaitement, les petits n'allaiteront plus qu'occasionnellement
  • 42 jours : Allaitement de plus en plus occasionnel, la mère éduque les petits aux régles hiérarchique et propreté
  • 49 à 56 jours : Sevrage total, les petits sont en mesure de pouvoir être retiré de la mère.


Attention : Il est donc impératif d’attendre au moins cette première sortie spontanée du nid avant de les toucher. Concrètement, vous pouvez le faire sans risque à partir de la troisième semaine.

L’âge de séparation idéal des petits est de 7-8 semaines. Le sevrage naturel est souvent plus tardif mais fatigue plus la femelle. Je conseil de retirer les petits de la mère a partir de 7 à 8 semaines suivant le nombre de petits. Et de laisser uniquement les petits les plus fragiles avec leur mère, cela évitera de la fatiguer. Les autres seront déplacés dans une cage séparé.

Les anomalies

La mère refuse d’allaiter ses petits. Elle est fiévreuse, apathique et ses mamelles sont bouillantes. Elle fait certainement une mammite (infection des mamelles). Il faut rapidement l’amener chez un vétérinaire et alimenter les petits au biberon jusqu’à leur sevrage.
Avec les mêmes symptômes mais avec des écoulements à la vulve plusieurs jours après la mise bas, elle peut alors faire une infection de l’utérus. Également très grave, cela nécessite une visite rapide chez votre vétérinaire.

La mère tremble souvent, ne mange plus, ne s’occupe plus des petits, le plus souvent une dizaine de jours suivant la mise bas. Les premiers signes sont souvent des difficultés à se déplacer. C’est ce que l’on appelle une toxémie de gestation qui est l’expression d’une chute de la quantité de calcium dans le sang. L’évolution est dramatique, avec des convulsions, un coma puis la mort.
Il faut rapidement l’amener chez le vétérinaire mais dès les premiers signes, il est souvent trop tard.
Cela arrive fréquemment chez les femelles trop grasses ou à l’inverse, trop maigres ou dont l’alimentation est de mauvaise qualité. Si la portée est importante, il ne faut pas hésiter à donner un complément minéral-vitaminé enrichi en calcium. Pour cela, adressez-vous à votre vétérinaire.


L’allaitement artificiel

En l’absence de la mère, il est possible d’allaiter les petits soi-même. A l’heure actuelle, rien ne vaut mieux que le lait maternisé pour chiots ou chatons. En effet, celui-ci est le plus proche de celui de la lapine (celui de vache est beaucoup trop faible en protéines et matière grasse). On peut le compléter avec quelques gouttes d’un mélange de vitamines mais les bons laits sont souvent bien pourvus. Au début les lapereaux ne téteront que quelques millilitres (à la seringue ou au biberon), plusieurs fois par jour (3 à 4). Ce sont aussi eux qui commandent. N’hésitez pas à les peser régulièrement, tous les jours ou tous les deux jours afin de vous assurer qu’ils prennent du poids.
Un astuce d’éleveur consiste à faire téter des bouts de bananes à des animaux d’une dizaine de jours en limitant parallèlement la quantité de lait.
Cela reste quand même aléatoire car les petits rentrent fréquemment en diarrhée au moment crucial du sevrage. Leur flore digestive n’est pas préparée à un tel changement. On peut essayer de palier le problème avec des flores artificielles (à se procurer chez le vétérinaire) mais l’expérience montre que s’ils n’ont pas eu leur mère au moins la première semaine, c’est souvent un échec. (voir : Sauver des orphelins)

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